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Édito : Le repos
Le temps pascal touche à sa fin, les beaux jours sont de retour, les arbres comme l’Eglise se parent du vert de l’espérance, mais les grâces données par notre Seigneur dans le mystère de sa Pâque, elles, ne passeront jamais ! Stat Crux dum volvitur orbis, disent les ermites chartreux, la Croix demeure stable pendant que le monde passe.
Mais cette stabilité spirituelle, comment la cultiver dans la violence de ce monde où la guerre semble sévir à l’étranger comme dans notre propre foyer ? L’enseignement de Jésus, bon berger, conduit nos âmes en de verts pâturage pour qu’elles y trouvent le repos ! « Celui-ci est mon Fils, écoutez-le », proclame le Père dans le baptême de Jésus-Christ au Jourdain. La fraîcheur des eaux du baptême de Notre-Seigneur représente l’apaisement spirituel que la méditation de ses mystères obtient à nos âmes. Car le Père éternel parle ainsi de son Fils en tant qu’il est Dieu, mais aussi en tant qu’il est homme. Cela signifie que la manière dont Jésus-Christ est homme n’est pas la source d’un moins grand réconfort que sa manière d’être Dieu. Tout en lui mérite donc d’être imité, sa bonté, sa douceur, sa miséricorde, tout… jusqu’à sa manière d’être fatigué.
Jésus est une énigme constante. Il veille quand on dort, dort quand on panique, se réjouit quand on pleure, se lamente sur ceux qui voulaient se lamenter sur lui (cf. Mc 1,35 ; Mc 4,38 ; Lc 8,52 ; Lc 23,28). Même sa fatigue est surprenante. Sur la route de la Judée vers la Galilée, il est dit qu’il lui fallait traverser la Samarie, et qu’en chemin, il éprouva de la fatigue (Jn 4, 3-6). Or il n’y avait là aucune nécessité d’ordre géographique. Il fallait que Jésus parvienne exténué au puits de Sykar, parce qu’il fallait qu’il y rencontre celle à qui il devait donner le repos. C’est en effet une coureuse épuisée par l’errance du péché que rencontre Jésus, épuisé par son zèle pour le salut des âmes. Ils sont deux à être à bout de force, l’un pour apprendre, et l’autre pour enseigner.
Il y a en effet de vilaines manières d’être épuisé, et il y en a de saintes. Au jouisseur le pain de la fraude est délicieux, mais il laisse la bouche pleine de gravier (Pr 20, 17). Le vice promet mais ne donne pas, c’est la droiture qui donne le vrai repos. Le juste dit dans la paix, je me couche et je dors, même lorsque la douleur le crucifie, parce que le Seigneur chaque fois le délivre (Ps 4, 9 ; Ps 33, 20).
Le chrétien vit en ce monde qui passe à la manière d’un fakir : assis sur une planche de clous ! Mais il vient, le jour où nous trouverons la paix définitive auprès de Dieu, en qui nous possèderons le souverain bien, celui qui ne nous sera pas enlevé. Maranatha ! Viens Seigneur Jésus.
Xavier Maurice
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